On vous croit et vous n’êtes pas seules

Nous sommes des militantes anarchistes qui ont vécu ou été témoins de relations abusives, contrôlantes, violentes de la part de plusieurs militants qui sont dans nos milieux. Ces personnes ont des noms, mais par respect et pour des raisons de sécurité nous n’allons pas les nommer.


Nous voulons en premier lieu, dire à celles, celleux, qui se reconnaissent, qui pensent qu’il y a quelque chose qui cloche et/ou ne tourne pas rond dans leur relation, qui n’arrivent pas à mettre des mots et à se faire une tête sur ce qui leur arrive : on vous croit et vous n’êtes pas seule.


Nous utiliserons les différents termes nommés ci-haut, pour parler de la violence conjugale, car celui-ci ne cadre pas toujours avec comment les personnes perçoivent leur relation. De plus, nous avons fait le choix de souvent parler en nommant le mot femme et en accordant au féminin. Ce choix est pour visibiliser que la grande majorité des violences patriarcales sont envers les personnes s’identifiant comme femmes ou qui ont été socialisé comme femmes. Elles sont aussi surreprésentées dans les relations hétéros avec des hommes cis. Cependant, nous reconnaissons que des formes de violences existent dans toutes relations, peu importe l’identité de genre et l’orientation sexuelle.


Étant des militantes anarchistes, féministes, nous savons que de penser vivre une relation aussi opposée à nos valeurs et idéaux et que de penser que notre partenaire qui partage aussi, supposément ces mêmes valeurs et idéaux, peut être une barrière de plus pour identifier que cela nous arrive.


Il se peut que ça augmente la honte, le doute, en se disant comment ça peut m’arriver. Nous voulons vous dire que oui ça arrive même dans nos milieux. Et ça ne fait pas de vous des personnes moins féministes ou anarchistes, le problème ce n’est pas vous, c’est eux. Ce n’est pas non plus, un manque de jugement ou de compréhension de votre part, c’est qu’ils utilisent pleins de stratégies pour mettre la situation à leur avantage et en tirer profit. Changeons la honte de camp!


Cette première publication est l’introduction d’une petite série de textes qui sortiront prochainement. Nos propos s’adresseront premièrement aux femmes et personnes de la diversité de genre qui sont en relation ou dans la gestion de la post-séparation.
Nos réflexions s’adresseront aussi aux allié.e.s, car nous constatons des lacunes dans le positionnement féministe de nos milieux lorsqu’il s’agit de violence conjugale. Nous constatons qu’il y a un manque de prises de positions claires face aux agresseurs, car ils ne sont pas identifiés comme tels.

N’oublions pas que ce sont de grands manipulateurs : distorsionner les faits et la vérité, vous faire sentir comme la folle et la cause du problème dans la relation, paraître des alliés féministes fait partie de leurs stratégies de base pour maintenir le pouvoir et le contrôle sur leur partenaire. Évidemment, leur façon d’agir ne sera pas la même socialement qu’avec leur partenaire, ne nous laissons pas berner.

En dernier lieu, nous voulons nous adresser aux agresseurs et vous dire qu’on vous a à l’oeil et que même si on ne vous nomme pas pour protéger celles que vous agressez, et bien on est en tabarnak.


Dans nos réflexions, nous voulons dénoncer comment dans nos milieux militants anarchistes, les militants utilisent leur notoriété et leur expérience militante, leur discours dit féministe comme outil de domination, de justification et de contrôle.


Nous aborderons aussi les différents redflags qui seraient des sons de cloches pour identifier la violence conjugale. Nous aimerions offrir quelques pistes aussi pour se positionner en allié.e.s


Nous voulons aussi parler de nos observations de comment les gars qui se disent alliés, peuvent souvent ne pas se positionner comme de réels alliés, ne se mettent pas en jeu et peuvent même avoir tendance à se sentir visés et se défendre lorsque nous critiquons des comportements.


Veuillez noter que la plupart des outils d’aide utilisent le mot femme et les accords au féminin.


Si vous voulez nous contacter, voici notre contact : pasunedeplus@riseup.net
Et pour terminer, voici quelques liens qui pourraient vous être utiles (sur les sites en général vous les trouverez aussi en anglais:


Détecter s’il y a des signes de violence dans ma relation et autres pages aidantes :
https://sosviolenceconjugale.ca/fr/je-m-interroge
https://sosviolenceconjugale.ca/fr
https://wiws.ca/?lang=fr
https://maisons-femmes.qc.ca/violence-conjugale/


Questionnements au niveau de contrôle; nommé contrôle coercitif. Pour les femmes, enfants et mères :
https://wiws.ca/coercive-control/?lang=fr
https://wiws.ca/coercive-control-children/?lang=fr
https://wiws.ca/coercive-control-experienced-by-mothers/?lang=fr


Et si c’était plus qu’une chicane :
https://maisons-femmes.qc.ca/wp-content/uploads/2017/09/fascicule.pdf


Guide aide pour les personnes alentour :
https://wiws.ca/wp-content/uploads/2021/12/Intro-EN.pdf


PAS UNE DE PLUS, ON EST EN TABARNAK ET ON VOUS CHECK!

– Collectif Pas une de plus

Scroll to Top