L’augmentation de 50¢ du salaire minimum le 1er mai : un coup de pied dans face aux travailleurs et travailleuses déjà à terre.

Le premier février dernier, la CAQ a annoncé la teneur de la hausse du salaire minimum du 1er mai. Il passera de 15,25$ à 15,75$.  Concrètement, ce que ça veut dire, c’est encore une perte de pouvoir d’achat pour les travailleurs et travailleuses les plus précaires. Ça, pendant une période d’inflation galopante sans précédent et la pire crise du logement qu’on ait vue depuis des années. En pourcentage, l’inflation de l’année 2023 est en moyenne de 4.5% tandis que la hausse de 50 cents du salaire minimum représente 3.3%. Le mépris de la CAQ précarise donc davantage les travailleurs et travailleuses. 

Encore une fois, la CAQ démontre bien les intérêts qu’elle défend: c’est le gouvernement des boss et des proprios, des salauds qui s’enrichissent toujours et encore sur le dos des travailleurs et travailleuses qui peinent à joindre les deux bouts. 

En 2023, le prix du panier d’alimentation a augmenté de 8,3%. Pendant cette année-là, les personnes salariées utilisant les banques alimentaires pour combler leurs besoins de bases représentaient déjà 18,5% des personnes aidées (Bilan-Faim). On peut facilement s’attendre à ce que ce chiffre continue d’augmenter. Cette année, les banques alimentaires ont dû aider chaque mois plus de 872 000 personnes, soit près de 10 % de la population québécoise, et distribuer plus de 681 000 paniers de provisions, soit le double par rapport à 2019.

En gros, ce que ce que la CAQ nous dit, c’est : « continuez de travailler à temps plein, vous allez rester en situation de pauvreté, pis allez donc dans les banques alimentaires pour vous nourrir. Ah! pis en passant, vous pouvez pus céder votre bail pour éviter les augmentations de loyers, too bad! »

Ben oui, claque dans face de plus, le gouvernement vient d’abolir le seul outil dont disposaient les locataires pour freiner la crise du logement. En effet, en plus de la crise de l’alimentation, le prix des loyers continue d’augmenter beaucoup plus rapidement que l’inflation. Sans surprise, on remarque que les prix des logements augmentent beaucoup plus vite quand il y a des nouveaux locataires. Par exemple, le loyer moyen pour un logement de deux chambres ayant un nouveau locataire s’élève à 1300 $ dans la région de Montréal, contre 1052 $ pour un logement qui n’a pas changé d’occupant. La hausse moyenne du loyer des appartements de deux chambres à coucher a été de 7,9 % dans la région de Montréal. Selon le RCLALQ, le loyer moyen d’un 4 1/2 à louer au Québec est passé de 1222$ par mois en 2020 à 1504$ en 2023 et  il faut s’attendre à payer en moyenne 1908$ pour 3 chambres!

Avec un salaire horaire de 15,75 $, une personne seule travaillant au salaire minimum à temps plein va pouvoir compter sur un revenu de 25 600 $ par année. C’est donc de facto la pauvreté, alors que le revenu viable selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) est de 32 200 $ pour une personne seule. Selon l’IRIS, pour qu’une personne seule puisse avoir des revenus équivalents au salaire viable en travaillant 35 heures par semaine, le salaire minimum devrait se situer à 23$ de l’heure. 

En dessous de 23$ de l’heure, les travailleurs et travailleuses peinent à payer leur loyer et combler leurs besoins de base et plusieurs doivent jongler avec plusieurs emplois pour joindre les deux bouts. C’est une lutte perpétuelle pour survivre alors que leurs boss profitent de cette main d’œuvre à rabais puisque les proprios continuent de s’enrichir sur le dos des travailleurs et travailleuses. 

À l’IWW, on est bien au courant que les gains que la classe ouvrière peut aller chercher,  il faut se battre pour les avoirs. Cela signifie s’organiser dans nos milieux et prendre les moyens nécessaires pour faire plier le gouvernement. Pour obtenir des mesures concrètes pour lutter contre l’inflation galopante, pour rendre le logement abordable, pour rendre les services de base accessibles à tous, il faut se mobiliser et leur mettre la pression. Il est temps de demander des comptes à ceux qui profitent de cette situation au détriment des travailleurs et travailleuses. Il est temps de nous unir pour exiger un changement, pour créer un avenir où la vie n’est plus synonyme de lutte constante, mais de possibilités et d’espoir. 

Au Québec, c’est 200 700 travailleurs et travailleuses qui vivent du salaire minimum. C’est aussi 255 000 personnes sur l’aide sociale et 5,2% de la population qui se trouve au chômage. En gros, plus de 10% de la population est en situation de pauvreté et lutte pour survivre. Cela, alors que 10% des familles les plus riches possèdent un patrimoine 76 fois plus élevé que 40% des familles les plus pauvres. Nous ne pouvons que constater la dégradation des inégalités au Québec, dont nous détenons la palme de la province la plus inégalitaire du Canada en matière de patrimoine selon l’Observatoire Québécois des inégalités. 

C’est pourquoi, cette année, l’IWW se coordonne en coalition avec des groupes pour l’organisation du 1er mai. Nous unissons notre voix avec des groupes de défense de droits à l’aide sociale et de défense des droits au chômage, pour revendiquer un revenu qui permettent de sortir de la pauvreté pour toutes et tous. Le 1er mai prochain, on prend la rue pour revendiquer un salaire minimum à 23$ de l’heure. Un salaire qui permet de sortir de la pauvreté pour vrai. 

Pour citer Michel Chartrand, les politiciens sont tous des crisses de baveux, des calices de parvenus, qui nagent dans notre argent, des osties qui viennent nous dire de nous serrer la ceintures.   

La faim justifie les moyens! En route vers la grève sociale!  

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