Montréal : Un travailleurs agricole en grève de la faim

Note: Une raison hors de notre contrôle nous force à modifier le texte de M. Santos. Les modifications sont signalées par les crochets typographiques [ ]

Mon nom est Noé Ricardo Arteaga Santos, je suis un ancien travailleur [d’une entreprise québécoise qui produit des tomates de serres et ancien membre du Syndicat des travailleurs et travailleuses de cette même entreprise]. Je fus renvoyé de façon injuste et arbitraire pour le simple fait d’avoir lutté pour le respect du contrat qui me liait à cette dite entreprise.

Les entreprises mentent continuellement aux travailleurs agricoles temporaires et les clauses des contrats ne sont jamais respectées. Malgré le fait que nous avons quelques prestations contractuelles, elles ne sont pas honorées : par exemple, ils refusent de nous payer les heures extra et les journées fériées et ils nous obligent à travailler durant les jours de congé. N’importe quelle attitude que les surveillants de la compagnie interprètent comme étant inappropriée entraîne une menace de leur part de nous retourner dans nos pays, comme se fut mon cas, sans le paiement de nos salaires et prestations dus, telle la semaine de préavis, etc., en nous déduisant même le prix du billet d’avion et en empêchant les membres de notre famille à participer au programme de travail temporaire. Les organisations, comme l’Organisation Internationale pour l’Immigration qui participe à l’organisation des programmes du travail agricole temporaire, sont complices de cette situation, violant ainsi la législation du travail international et des conventions adoptées dans le cadre de l’Organisation Internationale du Travail. Le simple fait d’avoir dénoncé cette situation a entraîné mon renvoi et ma séparation du programme des travailleurs temporaires. Celui qui est directement responsable de cela est le Consulat Général du Guatemala à Montréal qui est en charge de ce programme.

C’est pour cela que j’ai entrepris une action légale contre [mon ancien employeur], pour que je puisse ravoir mon poste de travail, duquel j’ai été séparé comme je l’ai déjà mentionné de manière arbitraire et absolument illégale. L’entreprise a réagit à cette action légale en m’accusant de manière diffamatoire d’être un assassin et un mauvais travailleur.

Les autorités du travail du Québec m’ont programmé un arbitrage dont l’audience pourra avoir lieu entre décembre 2010 et février 2011. Durant ce temps, je dois vivre sur l’insuffisante aide sociale en tant que réfugié puisque le simple fait d’avoir entrepris une action légale contre l’entreprise, en responsabilisant aussi le Consulat guatémaltèque, entraîne que je suis en danger de mort si je retourne dans mon pays. Face à cette situation, j’ai décidé de débuter une grève de la faim indéterminée face au consulat du Guatemala ayant comme objectif d’obtenir une situation juste pour les travailleurs agricoles, ma réinstallation au sein de l’entreprise, mon acception comme réfugié, l’acception de toutes les personnes sans-statuts et contre la mise en place des nouvelles réformes en lien avec le travailleur agricole temporaire.

Scroll to Top